Prière de l'ambulancier by KRISTAL

Seigneur, je suis un ambulancier,
J'ai un métier particulier (une vie particulière),

Ce n'est pas de tout repos,
Car la vie des malades ou des blessés est en jeu.
Je vois la souffrance en eux

Alors aide-moi à conduire prudemment,
Ou aide-moi à les soulager calmement.

Quand leurs parents ou amis les accompagnent dans l'ambulance,
Que je sois pour eux de compréhension et de patience,

Je me sens impuissant devant leur douleur,
Elle conduit parfois à la mort,
Mais garde-moi de la peur,
Avec toi on on est plus fort,

Je mets en toi ma confiance, tu es la délivrance.
Quand je vois des enfants sur ma civière,
je t'offre en prière, la douleur,
que j'ai dans mon coeur,
Ils sont si petits pour souffrir,
Aide-les à les faire sourire,
Pour les détourner de leur douleur.
Quand je vois des pauvres dans le malheur,
Vêtus misérablement ou qui essaient de la cacher,
je me mets à leur place, je ne veux pas les humilier.

Peu importe la raison de leurs blessures ou maladies,
Je ne suis pas là pour juger leur vie,
Mais pour les secourir et les encourager.

L'honnêteté, et la satisfaction d'avoir aidé un être humain,
Tout en gagnant notre pain,
Doivent être imprégnés dans nos coeurs,
Car là est le bonheur.

Que tous soient attentifs à mon gyrophare,
Ou ma sirène qui hurle parfois dans le noir,

Si chacun disait un Pater pendant que je passe,
Cela aiderait ceux qui pleurent ou trépasent.

Enfin Seigneur je te confie,
Mes passagers, ma famille, mes amis.
Je t'offre mon ambulance,
Et aide-moi à conduire avec prudence.

Merci Seigneur, Amen.


Article ajouté le 2006-09-03 , consulté 589 fois

Commentaires


ambu5858 le 07/09/2008 à 12:59:54
Chapeau bas!
l'ange blanc le 03/09/2008 à 12:07:18
L’ambulancier…la vérité



Marc ne parle plus. Les yeux braqués sur la chaussée, les mains crispées sur le volant, l’ambulancier est ailleurs. La sirène résonne sous les ponts le gyrophare illumine les murs les voitures s’écartent timidement pour laisser passer l’ambulance. A l’arrière pascal 22 ans,est immobile. seuls ses paupières esquissent un léger mouvement. Atteint d’une sclérose en plaques en phase terminale, le jeune homme est tétraplégique. Un tuyau sort de sa gorge pour l’aider à respirer. La machinerie médicale égrène ses « bips » réguliers. Il fait chaud. Il ne faut pas traîner. Une panne des appareils et le jeune homme est condamné.
Marc n’aime pas cette course. Son collègue David non plus. Le patient est trop jeune , trop mal « A chaque fois que je le vois, ça me travaille. je sais qu’il n’y a que la mort au bout » glisse David, la trentaine, salarié depuis 19 années dans cette entreprise d’ambulances du Nord Pas de Calais . Dix neuf années a convoyer les malades jour et nuit au milieu des bouchons, dix neuf années d’un travail stressant , éreintant, sous payé et si peu considéré. « dernière roue du carrosse » sanitaire, comme ils se jugent eux même, parfois méprisé par le personnel médical, ces forçats du brancard constituent pourtant un maillon indispensable de la chaîne médicale.
« lorsque tu dois emmener un client chaque semaine à la chimio, que tu passes deux heures aller-retour avec lui, c’est a toi qu’il parle de sa maladie, qu’il annonce, par exemple qu’il a rechuté… »
Nous les ambulanciers portons tout le poids psychologique du malade. Le soignant ne passe pas plus d’un quart d’heure avec lui alors que nous , nous le côtoyons plusieurs heures dans le véhicule. Un vrai rapport humain entre le malade et l’ambulancier et aussi un facteur de guérison notamment pour les gens isolés. Nous avons un rôle social très important. Et quand un client régulier décède il n’est pas rare de voir un ou des ambulanciers à l’enterrement.
Dans le camion Marc a retrouvé un peu de sa sérénité. L’ambulance s’éloigne de la ville. Le trafic est moins dense. Il coupe la sirène
«  c’est vrai que les malades nous parlent beaucoup de leur fatigue, de leur maladie, de la lassitude des transports. Nous , on apprend à les connaître,à repérer leurs petites habitudes. On essaie aussi de parler d’autre chose, de l’actualité, de la vie…. »
A ses côtés,David,revient sur ses premiers transports: « je n’oublierai jamais ce petit bout de chou de deux ans, sans cheveux , atteint d’un cancer généralisé. Il faut savoir prendre de la distance, mais dans la réalité c’est très difficile »
Il y a la maladie, mais aussi le milieu social, le cadre de vie. « On entre chez les gens dans leur appartement,leur maison,leur intimité. Et la on voit des choses terribles, surtout des personnes âgées qui vivent dans des conditions misérables » nous dit Marc .La semaine passée, il a enfilé gants et masque de protection. Mais rien à faire, « la puanteur était insoutenable. Dés le rez- de -chaussée l’odeur se rependait dans l’immeuble ». En pénétrant dans le logement, il découvre un vieillard, végétant au milieu d’immondices.
Ils le ramèneront une heure plus tard, a l’issue de sa consultation en dermatologie. Rien a faire. Rien a dire. Juste à voir et à « encaisser ».
L’ambulance arrive enfin au domicile de Pascal. L’ambulance entre dans une petite allée en marche arrière. La mère est a la fenêtre. Les portes du camion s’ouvrent. Marc et David descendent le brancard. L’accès est difficile. Au bout du couloir, il faut porter Pascal. La mère tourne autour des ambulanciers, leur parle sans cesse. Eux tentent de rester concentrés. L’appartement est envahi par le matériel médical. Dans le chambre d’adolescent un lit d’hôpital occupe presque toute la pièce. Un poster de Bob Marley est caché derrière la perfusion. Une peluche d’enfant trône sur un meuble. Ils installent Pascal sur le lit. Le garçon ne bouge pas. Le regard vide rivé au plafond. Il faut aspirer sa salive qu’il ne parvient plus a avaler. Les ambulanciers ressortent de la pièce, échangent quelques mots avec la mère qui s’agite .
Elle aimerait les retenir, discuter un peu avec eux. Mais ils n’ont pas le temps. Pas aujourd’hui. Il faut partir. Sur le pas de la porte la mère se calme et glisse doucement: « ils sont gentils plein d’humanité ».
Mais les ambulanciers sont déjà dans le véhicule. David a pris le volant. L’ambulance s’enfonce dans le trafic. Il est bientôt 18h00 et les deux compères sont sur la route depuis presque 11h00 maintenant.
Cette fois ci, plus de sirène permettant de se faufiler dans la circulation de plus en plus dense chaque année. Le fourgon revient à vide et la l’ambulance est un véhicule comme les autres… «  les embouteillages aussi , c’est du stress » estime David… »j’aime mon métier affirme t’il,mais pas sa réglementation c’est un beau métier mais pas un bon métier!!! il n’est pas rare de travailler plus de 200 heures par mois »
Car l’ambulancier est un professionnel qui ne compte pas ses heures. Placés sous le régime complexe des équivalences,les salariés travaillent facilement 200 a 230 heures pour un salaire qui dépasse rarement les 1400 euros net!
L’équivalence est pour notre profession l’épine dans le pied !!!!!
Qu’est-ce que les « équivalences »: considérant que les ambulanciers présents dans l’entreprise ne sont pas toujours en activité,c’est-à-dire en déplacement,un régime d’équivalence avait été mis en place par un décret de décembre 2001.
Selon les conditions de travail retenues dans l’entreprise (amplitude horaire), les salariés sont ainsi payés pour une partie seulement des heures effectuées!!! Une équivalence à 75% conduit,par exemple à être rémunérer sur la base de 152 heures mensuelles pour 202 heures de présence réelles et travaillées,(soit 50 heures non payées pour cet exemple).
Problème: le temps de présence total conduit à dépasser le plafond horaire de 48 heures hebdomadaires en moyenne sur quatre mois,imposé au niveau européen.
Certaines attaques de syndicats luttant contre ce décret de 2001 ont ainsi obligé le conseil d’état à prendre en compte la législation européenne. Ce dernier a donné raison aux syndicats en demandant aux pouvoirs publics de revoir sous peu le système des équivalences.
Si la Cour suprême administrative n’interdit pas le système des équivalences,elle n’accepte pas par contre ,que ce système conduise à dépasser le maximum horaire au niveau européen.
Quoi qu’il en soit, ce dispositif ARCHAIQUE, qui revient à ne payer qu’une partie du travail effectué,ne milite pas en faveur de l’attractivité dans la profession,pourtant en manque crucial de personnels……
Comprenez vous dans quel état se trouve notre métier??? Demande Marc!
« Nous sommes des hommes,des femmes, qui mettons toutes notre énergie pour le bien des personnes ne possédant plus la grande richesse de la vie :la santé! Nous avons de plus en plus de responsabilités médicales (15),nous ne réclamons pas le statut de « héros « comme la branche parallèle qui est celle des sapeurs pompiers (rires) !!! mais seulement un peu plus de reconnaissance,de considérations des pouvoirs publics,et aussi un changement radical et réel de nos conditions de travail (horaires)et de salaire.
C’est sur ces derniers mots que nos convoyeurs de vie repartent sans vraiment s’imaginer que leurs souhaits pourraient être un jour …..réalisés!


coco le 27/11/2007 à 20:43:08
prière superbe que tout ambulancier devrait faire le matin....croyant ou non, elle veut tout dire...

Poster un commentaire





http://





Merci de recopier le nombre présent à gauche dans la case de texte ci-dessous ( Pourquoi ? )





Liens

Voir les articles de la catégorie " Notre métier "

Afficher une version imprimable de cet article
Retour aux articles

Recommander ce blog | Contacter l'auteur | Blog illicite ? | S'abonner au blog Flux RSS du blog | Espace de gestion

Créer un blog gratuit avec Blog4ever - Video

Recherche :